Grigris et Mimi étaient faits pour s’entendre. Ce sont deux cœurs tendres. Et aussi, à leur façon, des parias dans leur quartier de Ndjamena, au Tchad. Lui pour cause de boiterie le condamnant aux petits boulots, mais surtout à la condescendance des autres. Bien que sa patte folle ne l’empêche pas d’être un super danseur et qu’il parvient à faire de son handicap un atout. Elle est aussi une réprouvée, mais à l’inverse, pour trop de beauté. Ne pouvant atteindre son légitime désir de mannequinat, elle continue à se livrer à la prostitution occasionnelle pour améliorer son ordinaire. Ca n’arrange pas sa réputation.
Mais les bons sentiments de Grigris lui font faire des bêtises. Pour trouver l’argent qui permettrait de faire soigner un parent, il n’hésite pas à plonger dans un vilain trafic d’essence, ni à tricher avec les tricheurs. Le danger qui guette le couple, les conduit à se réfugier dans un village de brousse.
Après un détour par le polar, le film retourne au docu. Et aux noirceurs de la ville succède la joie d’une communauté ou les valeurs d’hospitalité et de tolérance, sont ici symbolisées par les femmes. Ce qui ne veut pas dire qu’elles se laissent faire… Et pour Grigris et Mimi, ce retour à la brousse, c’est comme une arrivée à la case amour. On sourit à la complicité et l’indolence des mal-aimés. On a craque devant la beauté de certains plans et la liberté de ton du film.
Blognote : 3 / 5