Par un malin contre-pied, ce film vire au polar quand on l’attend sur le registre psychologique.
Collette, républicaine irlandaise, vit à Belfast avec son fils, sa mère et deux frères militants de l’IRA. Dans la famille, on est viscéralement indépendantiste au cœur de la province unioniste. Déjà en 1973, la fillette aurait dû tomber sous les balles à la place de son petit frère. Vingt ans plus tard, la jeune femme se fait pincer à la suite d’un attentat manqué dans le métro londonien.
En échange des 25 ans prison encourus, un agent des services secrets lui propose de servir d’indic au sein de sa propre famille… Taupe, elle devient donc, en balançant à regret les sombres projets de ses activistes de frères. Sa collaboration n’évitera pas que l’un d’eux soit tué. Encore un !
Le versant le plus original du film se découvre quand on apprend qu’une autre taupe est utilisée dans son propre entourage. Damned ! Alors qu’on croyait que Colette agissait pour sauver son fils chéri ou par culpabilité après la perte du premier frère, il faut changer de grille de lecture. Pour s’apercevoir que la violence a fini par envahir l’histoire et le quotidien de toute la famille. Au point que celle-ci apparaît autant actrice que prisonnière de cette violence entre indépendantistes et unionistes. Avant que le processus de paix ne finisse par s’imposer à tous…